Maître de conférences

Statut

Les maîtres de conférences sont des agents de la fonction publique d'état. Ce sont des enseignants chercheurs. La loi dit que Les enseignants chercheurs concourent à l'accomplissement des missions de service public de l'enseignement supérieur. Les universités sont le principal organe de l'enseignement supérieur. L'objectif des universités est de produire et diffuser des savoirs. Grossièrement les fonctions des enseignants chercheurs peuvent se résumer en 4 activités :

Statutairement seul la fonction d'enseignement est quantifiée. Les enseignants chercheurs ont une obligation de service de 192 heures-équivalents Travaux Dirigés (hTD). Le service d'enseignement peut-être décomposé en plusieurs types d'interventions :

Rémunération et avancement

La rémunération des enseignants chercheurs est de même nature que celle des autres agents de la fonction publique. Celle-ci est déterminée par l'appartenance à un corps. Suivant le grade de l'agent dans ce corps, un échelon, auquel est associé un indice, définit de manière précise sa position sur l'échelle indiciaire commune à tous les fonctionnaires.

La rémunération est donc déterminée via un indice, correspondant à une position sur une échelle de rémunération, et à une valeur en euros pour le point d'indice (calculée en fonction du traitement annuel brut pour l'indice 100, qui ne cesse de baisser depuis que je suis fonctionnaire). L'avancement sur cette échelle dépend du corps de rattachement et se fait à l'ancienneté et au mérite (on dit généralement au choix). Cette rémunération de base est composée d'un traitement brut annuel auquel s'ajoute automatiquement une indemnité de résidence et auquel peut s'ajouter un supplément familial de traitement.

L'indemnité de résidence varie en fonction de la zone d'habitation. Il existe 3 zones d'habitation correspondant respectivement à une indemnité de 0%, 1% ou 3% du traitement de base. Le supplément familial est proportionnelle au nombre d'enfants à charge.

Cette rémunération fait l'objet de différentes retenues (pension, CSG, CRDS).

Rémunération de base

Pour les maîtres de conférences l'échelle de rémunération est découpée en 2 classes (classe normale et hors classe). Les deux classes sont découpées en 9 et 6 échelons. Le passage d'une classe à l'autre se fait au choix. Le passage d'un échelon au suivant se fait à l'ancienneté. L'ancienneté nécessaire pour passer d'un échelon au suivant dépend des échelons (cf loi 84-431 article 39) :

Classe normale
Hors classe

L'échelonnement indicaire est fixé par arrêtés (cf annexes) :

Classe normale
Hors classe

Primes

La rémunération des enseignants-chercheurs est donc composée d'un traitement de base auquel s'ajoute annuellement une prime de recherche et d'enseignement supérieur. Sur leur demande et après avis des instances concernés (Conseils de l'université d'exercice ou Conseil National des Universités) les enseignants chercheurs peuvent percevoir d'autres primes annuelles (généralement non cumulables entre elles) :

Heures complémentaires

Les enseignants-chercheurs peuvent aussi percevoir des rémunérations pour des enseignements complémentaires dispensés en plus de leurs obligations statutaires de services. Ces heures sont rémunérées au taux de 39,74 € brut pour une heure de travaux dirigés (1 hTD) taxé à 8,76 % soit 36,72 € net. Ce taux est fixé par arrêté (cf annexes).

Autres rémunérations autorisées

À ces rémunérations peuvent enfin s'ajouter des revenus divers provenant de travaux liés à la recherche, droits d'auteur, revenus liés à des missions de conseil ou d'expertise.

Situation personnelle

Au 1er novembre 2007, je suis maître de conférences de classe normal à l'échelon 4 (indice 622) sur le poste 27 MCF 1656 à l'Université des Sciences et Technologies de Lille (Université de Lille 1).

Après cotisation à ma mutuelle complémentaire de santé (MGEN), mon salaire mensuel net est de 2310,93 €. En plus de mon salaire de base :

Commentaires personnels

Le système académique français est un des seuls au monde à avoir un système dual université/grandes écoles. Il est un des rares au monde à ne pas valoriser le statut de l'université et des universitaires

Une petite comparaison rapide et naïve des moyens attribués à quelques universités à travers le monde illustre clairement cette dévalorisation institutionnelle de l'université.

Du point de vue du vocabulaire par exemple, le mot professeur est utilisé, en France, aussi bien pour les enseignants du primaire (que l'on ne nomme ne malheureusement plus instituteur mais professeur des écoles) et du secondaire, que pour les enseignants-chercheurs du supérieur.

Du point de vue de la rémunération, cette non valorisation est flagrante au niveau européen. Une étude scientifique néerlandaise montre ça de manière très claire. L'étude, récupérable dans le fichier 981.pdf, est en néerlandais mais elle possède un résumé en anglais de la page vii à la page x.
En combinant ça à la dévalorisation continue du pouvoir d'achat des fonctionnaires en France on a quelques arguments expliquant la lassitude (pour rester sobre) qui gagne bon nombre d'entre nous.

Annexes

Pour éviter les mauvaises surprises certains documents cités sur cette page sont archivés dans le dossier archives, dans leur version disponible en ligne le 1er novembre 2007 ou à une date antérieure (leur nom est préfixé par la date de téléchargement).

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