(mise à jour le 26 août 2009)
Merci à Bruno de m’avoir fait découvrir ce livre très intéressant sur les indicateurs tant à la mode et leurs effets pervers. Ce livre est en effet sous-titré « Comment faire pire en croyant faire mieux ».
L’auteur analyse la nouvelle idéologie managériale des indicateurs de performance et des mécanismes d’incitation et de sanction. Elle prend de nombreux exemples dont celui de l’évaluation de la recherche par la bibliométrie. Elle cite à ce propos un rapport de la commission d’évaluation de l’INRIA sur ce sujet (qui devrait parler aux informaticiens).
Maya Beauvallet met ainsi en évidence la difficulté de construire des indicateurs qui mesurent bien les objectifs (nombreux, contradictoires et souvent flous) d’une entreprise ou d’un service public et les effets pervers nombreux de la liaison mécanique des rémunérations des personnels à de tels indicateurs.
Elle conclut en exhortant les managers à ouvrir leurs portes, quitter leurs tableaux de pilotage pour aller voir directement les gens qu’ils sont sensés manager et la façon dont ils travaillent. Les indicateurs peuvent être un très bon outil de pilotage mais ce pilotage ne doit pas être automatique et les indicateurs ne doivent pas remplacer le pilote qui doit rester conscient de leurs limites.
On pourra lire en complément l’article Le Technoprimat que Jean-Marc L’Hermite a publié sur le site de sauvons la recherche il y a quelques jours. Dan Pink démontre aussi dans cette vidéo (conférence TED en juillet 2009) l’effet négatif sur les performances d’une incitation financière dès que la tâche fait appel à un minimum de réflexion, ce qui est bien connu en sciences du comportement (voir en particulier le livre la soumission librement consentie de Joule et Beauvois).