Blog de Pierre Boulet, professeur à l'université Lille 1, laboratoire LIFL, équipe DART

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Jeudi 20 octobre 2011

Outils pour le doctorant

À l’invi­ta­tion de Tilda, l’asso­cia­tion des doc­to­rants en infor­ma­ti­que de Lille, j’ai pré­senté un cer­tains nom­bre d’outils que je con­si­dère uti­les aux doc­to­rants. Voici la carte XMind que j’ai uti­li­sée.

Jeudi 27 janvier 2011

Ordres de grandeurs des limites physiques de l'espace-temps - compléments

Dans un arti­cle pré­cé­dent, je par­lais des ordres de gran­deur des limi­tes phy­si­ques de l’espace et du temps et de leurs con­sé­quen­ces sur le nom­bre d’opé­ra­tions qu’on peut espé­rer cal­cu­ler avec un ordi­na­teur, aussi gros et rapide soit-il. En com­plé­ment, Prix­maxS­tu­dio a réa­lisé une très belle appli­ca­tion inte­rac­tive per­met­tant de visua­li­ser les gran­deurs de l’uni­vers où on voit que la plus petite gran­deur phy­si­que­ment signi­fi­ca­tive serait 10-35 m et la taille de l’uni­vers serait 9.1026 m, ce qui aug­mente assez sen­si­ble­ment la limite théo­ri­que de l’espace dis­po­ni­ble mais ne change pas fon­da­men­ta­le­ment l’ana­lyse.

Mardi 14 septembre 2010

Groupe Zotero sur la communication scientifique

Je viens de créer un groupe Zotero (ges­tion de biblio­gra­phie inté­grée au navi­ga­teur web) pour héber­ger la biblio­gra­phie de mon cours sur la com­mu­ni­ca­tion scien­ti­fi­que. Ce groupe est ouvert et cha­cun peut le rejoin­dre et y ajou­ter ses res­source.

J’y ai ajouté les ouvra­ges de Jean-Luc Lebrun que j’ai eu le plai­sir de ren­con­trer il y a une semaine. Il m’a inter­viewé pour faire un pod­cast ou deux à par­tir de notre dis­cus­sion. Voici les sites où vous pour­rez trou­ver ses con­seils et les réfé­ren­ces de ses livres : Scien­ti­fic Wri­ting Skills and Tech­ni­cal Wri­ting Skills et When The Scien­tist Pre­sents.

Jeudi 22 juillet 2010

Quelles recherches pour les futurs systèmes embarqués ?

Cette ques­tion qui inté­resse tous les cher­cheurs dans le domaine des sys­tè­mes embar­qués a été trai­tée col­lec­ti­ve­ment par deux grou­pes de per­son­nes, l’un pour les recher­ches en micro-élec­tro­ni­que et l’autre pour cel­les en archi­tec­ture et com­pi­la­tion. Cha­cun de ces deux grou­pes a publié début 2010 un docu­ment sur leur vision des recher­ches à mener dans leur domaine res­pec­tif dans les 10 à 15 ans à venir. Leur lec­ture est très inté­res­sante et devrait aider cha­cun à se posi­tion­ner dans les défis à moyen terme de la con­cep­tion de sys­tè­mes embar­qués.

  • L’indus­trie du semi-con­duc­teur publie annuel­le­ment une feuille de route con­nue sous le nom d’Inter­na­tio­nal Tech­no­logy Road­map on Semi­con­duc­tors. Son cha­pi­tre sur la con­cep­tion, Design, est le plus per­ti­nent pour mes recher­ches.
  • De son côté, le réseau d’excel­lence euro­péen HiPEAC a pro­duit un docu­ment pré­sen­tant sa vision des défis à 10 ans dans le domaine de l’archi­tec­ture et de la com­pi­la­tion pour les sys­tè­mes embar­qués à hau­tes per­for­man­ces.

Vendredi 23 octobre 2009

Ordres de grandeurs des limites physiques de l'espace-temps

Mis à jour le 23 octo­bre 2009 : ajout de ce lien vers une pro­po­si­tion de limite phy­si­que à la vitesse des ordi­na­teurs par des phy­si­ciens.

Je vais explo­rer ici les limi­tes phy­si­ques aux per­for­man­ces des ordi­na­teurs en don­nant des bor­nes supé­rieu­res (très lar­ges) de l’espace et du temps dis­po­ni­ble dans l’uni­vers.

Com­men­çons par l’espace. Je pro­pose comme limite le rap­port du volume de l’uni­vers sur celui de l’élec­tron. Le dia­mè­tre de l’uni­vers est éva­lué à 15 mil­liards d’années-lumiè­res, soit un peu moins que 15.1025 m. Celui de l’élec­tron à 10-18 m. Le volume d’une sphère étant 4/3.π.r3, le rap­port est donc (15.1025+18)3<4.10132. Si on con­si­dère que 103<210, on peut donc con­clure que la limite en espace est infé­rieure à 4.(103)44<2442. Une borne plus rai­son­na­ble serait de pren­dre le rap­port du volume de la terre sur celui d’un atome. Le dia­mè­tre de la terre est de 12 756 km, celui d’un atome est envi­ron 10-10 m, soit un rap­port d’envi­ron 2.1063<2211.

Voyons main­te­nant la limite en temps. Pre­nons le rap­port entre l’âge de l’uni­vers et la plus petite durée mesu­ra­ble actuel­le­ment. L’âge de l’uni­vers est estimé à 13,7 mil­liard d’années, soit envi­ron 5.1017 s. La pré­ci­sion de la mesure de la seconde est aujourd’hui de 10-14 s. Le rap­port est donc de 5.1031, soit en puis­san­ces de 2, <2106. Une borne plus réa­liste est de con­si­dé­rer un siè­cle de cal­cul à 100 GHz, ce qui don­ne­rait un rap­port infé­rieur à 4.1020<270.

Tableau réca­pi­tu­la­tif :

Gran­deurBorne théo­ri­queBorne rai­son­na­ble
Espace24422211
Temps2106270
Espace-temps25482281

Qu’en con­clure ? Que les capa­ci­tés de trai­te­ment d’un ordi­na­teur tel qu’on les con­nait aujourd’hui sont limi­tées à moins de 2548 opé­ra­tions (pro­duit des limi­tes en temps et en espace) en comp­tant très très large ou 2281 en ne comp­tant que très lar­ge­ment. Seule une révo­lu­tion dans la manière de trai­ter l’infor­ma­tion pour­rait per­met­tre d’aller au delà. On pense en par­ti­cu­lier à l’ordi­na­teur quan­ti­que mais les pers­pec­ti­ves de réa­li­sa­tion pra­ti­que d’une telle machine sont aujourd’hui dou­teu­ses. Ainsi, cer­tains pro­blè­mes res­te­ront hors de por­tée. On peut con­si­dé­rer qu’une clé de chif­fre­ment symé­tri­que de 512 bits est sûre con­tre les atta­ques de type force bru­tale car elle crée un espace de recher­che de taille 2512, bien au delà de la borne rai­son­na­ble et pro­che de la borne théo­ri­que maxi­male.

Une ques­tion d’actua­lité est de savoir s’il est inté­res­sant de créer un sys­tème d’exploi­ta­tion 128 bits comme sem­ble­rait le faire Micro­soft. La taille en ques­tion repré­sente habi­tuel­le­ment la lar­geur du bus d’adresse, ce qui donne une limite au nom­bre de mots mémoire adres­sa­bles par le sys­tème. Un sys­tème n bits est ainsi capa­ble de mani­pu­ler des mémoi­res de 2n mots. Le pas­sage du 32 bits au 64 bits était per­ti­nent puisqu’il a per­mis de dépas­ser la taille de 232 mots, soit 4 Gmots, taille de mémoire assez cou­ram­ment dis­po­ni­ble aujourd’hui. 64 bits per­met­tent d’adres­ser des mémoi­res de 264 mots. C’est bien moins que la borne même rai­son­na­ble sur l’espace dis­po­ni­ble mais repré­sente tout de même 16 exa-mots où un exa mot vaut 1024 Péta mots ou 10242 Téra-mots. On est donc à un fac­teur un mil­lion des tailles des dis­ques durs actuels. En dou­blant la taille des mémoi­res tous les 3 ans comme c’est le cas en ce moment, il fau­dra plus de 60 ans pour attein­dre cette limite ! Je ne pense donc pas qu’il y ait urgence à pas­ser à une lar­geur d’adres­ses de 128 bits. Par con­tre, il peut être inté­res­sant d’uti­li­ser des mots mémoire de 128 bits, comme c’est d’ailleurs déjà le cas dans cer­tai­nes archi­tec­tu­res.

Mardi 25 août 2009

Livre de référence : « Brain rules » de John Medina

J’ai lu il y a un an le livre brain rules de John Medina, un scien­ti­fi­que spé­cia­liste du cer­veau. Il y donne 12 règles basées sur des étu­des scien­ti­fi­ques qui résu­ment ce qu’on sait sur le fonc­tion­ne­ment de notre cer­veau. Comme j’ai trouvé ce livre pas­sion­nant et qu’il a des impli­ca­tions énor­mes sur la péda­go­gie, je pro­pose ici un résumé des 12 règles qu’il pro­pose :

  1. l’exer­cice phy­si­que amé­liore la puis­sance du cer­veau ;
  2. le cer­veau humain est le fruit de l’évo­lu­tion ;
  3. tous les cer­veaux sont cablés dif­fé­rem­ments ;
  4. on ne fait pas atten­tion aux cho­ses ennuyeu­ses ;
  5. répé­ter pour se sou­ve­nir ;
  6. se sou­ve­nir pour répé­ter ;
  7. qui dort bien pense bien ;
  8. les cer­veaux stres­sés appren­nent moins bien ;
  9. sti­mu­ler le plus de sens pos­si­bles ;
  10. la vue écrase tous les autres sens ;
  11. les cer­veaux mas­cu­lins et fémi­nins sont dif­fé­rents ;
  12. nous som­mes des explo­ra­teurs nés.

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Mercredi 12 août 2009

Livre de référence : « Trees, maps and theorems, effective communication for rational minds » de Jean-Luc Doumont

« Trees, maps and theorems » est, selon moi, le meilleur livre sur le sujet de la communication pour les scientifiques. Il est exemplaire dans l’utilisation et l’illustration des trois lois de la communication proposées par l’auteur :

  1. s’adapter à son auditoire ;
  2. maximiser le rapport signal/bruit ;
  3. utiliser la redondance efficacement.

Les trois mots du titre sont en ce sens très bien choisis : les arbres pour la façon de structurer l’argumentation, les cartes pour guider le lecteur et le théorème comme principe de rédaction (on donne en premier l’énoncé du théorème, le résultat, et seulement ensuite, pour ceux qui voudraient la lire, la démonstration ou la justification).

En faisant porter l’accent sur la structure des documents ou présentations, il donne des conseils très clairs, pertinents et argumentés pour répondre à la plupart des questions qu’on peut (ou devrait) se poser sur la technique de communication écrite ou orale. D’autres livres (voir ici) parlent de ce sujet ou de parties de ce sujet mais celui-ci est à la fois très complet, très clair et convaincant. Je le conseille à tous les chercheurs, enseignants ou étudiants qui veulent acquérir les principes de cette compétence de plus en plus importante qu’est la communication.

J’essaie humblement de faire partager ce que j’ai lu et expérimenté de la communication scientifique dans mon cours proposé à l’école doctorale SPI, communication efficace pour les scientifiques (il s’appelait conception des écrits scientifiques jusqu’à l’an dernier mais j’en change le titre et en adapte le contenu en 2009-2010 suite à la lecture de plusieurs livres et en particulier de celui dont je parle ici).